Les lectures de Carmen

Le blog de la petite espagnole


Les pensées de ma plume, de Brigitte Banjean

J'ai reçu un jour un message de Brigitte Banjean, que je ne connaissais pas. Elle me parlait humblement de ce qu'elle avait écrit. Elle n'était pas fière, non, juste sûre de son bonheur d'écrire. Et puis je l'ai oubliée. Prise dans le petit tourbillon de l'auto édition, de ses charmes et de ses fatuités, j'ai lu d'autres livres. J'imaginais une petite dame brune à l'allure modeste, elle est blonde et pétillante. L'intuition féminine!blush

 

Ces nouvelles nous transportent sur les routes du côté d'Avignon, tandis que se profilent quelques pistes sahariennes - soleil et parfums lourds en tout cas. Vous aurez droit aux senteurs mêlées du tilleul et de la lavande, vous verrez se fabriquer les navettes, spécialité provençale que j'avais oubliée et que j'ai retrouvée sur les Ramblas de Barcelone. Vous rencontrerez aussi un pitchoun et une Mamé -j'ai eu une Mamé moi aussi. Et je me suis griffé les mollets en courant dans la garrigue, du côté de Martigues.

Et comment vous raconter de livre, sinon en vous révélant le dénominateur commun de toutes ces histoires: la délicatesse. L'extrême délicatesse de l'écriture et puis les délicatesses du coeur. Sans fioritures, sans bonne conscience affichée, juste parce que c'est ainsi, ça vient tout seul.

Alors laissez-vous emporter, suivez le chemin des contrebandiers pour arriver à l'anse des flibustiers, allez pêcher les favouilles, regardez le ciel écarlate. Et si votre frigidaire pleure la misère, alors remplissez-le!

 

"L'écriture est un acte émotionnellement fort", nous dit Brigitte Banjean. La lecture aussi, et si tout n'était qu'une affaire d'élégance?

Quant à moi, me voilà toute retournée, la tête dans les étoiles parce que moi aussi, j'ai échangé des lettres d'amour et eu deux enfants, même s'il n'y avait pas de moto. La tête dans les étoiles donc, et le nez dans les parfums de mon enfance. Le coeur léger aussi, car rien n'est grave dans ce petit monde où traîne un psychiatre en chemise bleue, tandis qu'un amant saute par la fenêtre et se fait la fracture de l'amoureux.

Rien n'est grave, une hirondelle passe, la lune est complice et le destin favorable. C'est que la victime est plutôt séduisante. Et si vivante, spontanée, née pour le bonheur. Le destin reconnaît de loin ces personnes-là et les gâte. Dans son incroyable injustice, il leur envoie une bonne étoile.

Je crois que c'est là le message de ces nouvelles. En tout cas c'est celui que j'y ai lu, il vaut ce qu'il vaut:

L'image du bonheur, on peut l'accrocher sur n'importe quel objet, du moment qu'on y croit. Et toi, pour la même raison, tu n'auras plus peur de ta fenêtre si tu accroches dessus une autre image, plus jolie, plus joyeuse. C'est notre pensée qui crée la peur, la joie, l'inquiétude ou la magie.

 

Sinon, si vous ne deviez lire qu'une histoire, alors choisissez celle-là: les mots du tiroir.