Les lectures de Carmen

Le blog de la petite espagnole


Jeanne, une femme amoureuse, de Sylvie Béroud

Il y a des livres, comme ça, qui ont tout simplement du charme. Ils sont généralement courts et ne font que passer, comme un battement d’ailes de papillon et vous laissent une trace. Le tintamarre des lecteurs les oubliera, pas vous.

Celui-là vous laissera un parfum d’amande amère et le sillage de la Fille de Berlin, de Serge Lutens –ciste blanc et odeur de rose. Vous vous souviendrez d’une table bancale dans une maison, sur les hauteurs de St Tropez –au Rayol, le coin des très riches qui ressemble à un Paradis, avec en bas la mer bleu marine. Vous entendrez la voix de Francis Cabrel (« la lune accrochait des reflets d’argent dans ses cheveux ») et vous le ferez taire, vous lui direz n’allez pas me gâcher ce si joli moment de lecture, vous. D’ailleurs il s’enfuira vite fait, parce qu’il y aura là, devant vous, le très beau David Bowie et sur ses pas cette phrase magique : « Faites de votre vie un paradigme ». Vous ne comprendrez pas bien cette phrase et ça n’aura aucune importance. Il y aura aussi une jolie fille habillée en Courrèges, mais ce ne sont là que des souvenirs. Car à cet instant vous aurez mieux à faire : vous vous pencherez sur un citronnier et vous y verrez un trou, comblé avec un peu de mousse, pour cacher ce qu’il y a à l’intérieur. A l’intérieur, une femme a soufflé un secret.

Cette femme s’appelle Jeanne, elle a 83 ans et elle a aimé un homme. Et dans un carnet rouge, l’homme l’a dessinée. Et s’il manque des couleurs, alors il vous suffira de bien regarder : il y aura le bleu cobalt de la mer, en bas et le jaune du mimosa dans le jardin de Jeanne et le vert des champs de vignes et des eucalyptus, et le rouge rubis des persiennes et le vert émeraude d’une jarre, vous aurez de quoi colorier.

Vous sentirez aussi l’odeur de la tarte tropézienne, forcément et vous entendrez une phrase qu’il vous faudra bien retenir : « accepte de te laisser bouleverser ». Voilà, dans ce petit roman vous aurez tout ça, une histoire d’amour avec une date au début (le 13 Juillet 1964) et un sourire triste à la fin.

 

Sinon, Jeanne a repris la maison d’édition de son père et elle reçoit un jour chez elle Romain, qui doit faire un article sur le Rayol. Ces deux-là vont tomber amoureux et des années plus tard, Jeanne raconte cet amour à la fille de Romain, Louise. Un amour impossible, puisque Romain est marié. C’est tout bête ? Evidemment, les plus beaux livres sont construits sur des histoires toutes simples. Et puis j’arrête là, les plus beaux livres ne se racontent pas. Essayez donc de résumer Belle du Seigneur, pour voir!

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