Le blog de la petite espagnole

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Itinéraire d'un roman


Au début

Il y a eu ce tableau, aperçu un jour dans une galerie d’Albi.

 


Parcours

J’ai rencontré une femme peintre, j’ai visité son atelier. Je savais où je voulais situer mon roman, j’ai regardé un plan et pris le métro. J’ai cherché un passage, une impasse… je me suis perdue, j’ai rencontré des gens.

-mais qu’est-ce que vous cherchez ? Un médecin ? Un salon de coiffure ?

- euh… non, c’est pour un roman.


Le cahier

J'ai commencé à écrire.  Mon cahier ne ressemblait à rien  et je l'aimais de plus en plus.


Promotion

 J'ai fini  mon livre, j'avais envie d'en parler, j'ai écrit un article sur mon blog.

J'avais choisi un titre (déjà pris) et un pseudo:

Quand on a un blog littéraire, il arrive qu’on soit sollicitée par un auteur et il arrive aussi qu’on éprouve une réelle sympathie pour cette personne. Alors on s’applique particulièrement. J’ai donc passé des jours à lire et relire ce roman, dans l’intention de lui faire une belle chronique. Il pleuvait beaucoup à Albi et ça tombait bien. J’y ai mis plus de coeur que d’ordinaire, je pense. D’où les heures. L’auteure me l’a confié en me disant qu’elle n’était pas sûre du résultat. Je la connais bien et je sais que si elle est plutôt sûre d’elle dans la vie, elle l'est beaucoup moins quand elle a une plume à la main. J’aimerais la rassurer avec cet article, je me demande si je suis bien placée pour faire ça. Ce roman raconte l’histoire d’une femme qui peint et qui est innocente ou coupable, il faudrait savoir. On aimerait bien savoir. Elle s’appelle Louise Cartier, elle est connue du grand public et reconnue dans le milieu de l’art, son nom traîne partout mais elle a eu vingt ans autrefois et à vingt ans on peut commettre des actes abominables. Elle a été modèle, puis un peintre plus amoureux que les autres lui a enseigné son art. Ensuite il me semble qu’elle a fait celle qui avait appris toute seule. Ce n’est pas dit dans le roman, mais ça ne m’étonnerait pas de sa part. Elle a aimé aussi, d’un amour fou. Et haï peut-être, ou méprisé parce que l’Histoire vient se mêler à cette histoire. Et l’Histoire est cruelle, elle aime bien quand il y a des monstres, des lâches, de mauvaises personnes.

et voilà !

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Mon père, ma mère et Sheila (Eric Romand)

TGV Toulouse-Paris, 4 heures + arrêts intempestifs qui se prolongent. J'ai acheté le livre d'Eric Romand pour le voyage. Je sais, ce n'est pas un écrivain et s'il a été édité, c'est parce qu'il est Roman, le coiffeur des stars. D'ailleurs il est passé à la télé et Sheila est venue. Mais j'ai le choix entre les conversations ininterrompues (vraiment ininterrompues) de mes deux  voisines de compartiment et les souvenirs de Roman. 

Je choisis les souvenirs et il m'arrive... ce qui devait m'arriver, parce que je suis une grosse sentimentale: je dévore ces petits morceaux de vie.

Il y a Guy Lux à la télé, Sheila se marie avec Ringo et elle a d'immondes anglaises sur la tête, il y a un père qui se moque des pédés, un garçon de six ans qui fait pipi au lit, une mère qui fait ses vitres. On croirait un poème de Prévert.  Il y a des parents qui se disputent et divorcent, un bel adolescent qui fait rêver les filles, des sexes d'hommes qui font rêver l'adolescent, le père boit trop, le fils aime les garçons -mais d'où il sort celui-là?. 

Il y a des fleurs jetées sur une tombe, des mots jetés sur une feuille et qui finissent par faire un drôle de livre - des fragments, un poète a déjà fait ça il y a longtemps, je m'en souviens tout à coup: ça s'appelle Feuillets d'hypnos et c'est à mourir d'ennui, ou alors je n'ai rien compris. Je préfère ces feuillets-là, ces morceaux d'âme à ma portée.

Même s'il est le coiffeur des stars

Même s'il a été édité pour ça.

Et puis moi aussi, il y a longtemps (plus longtemps que celui-là), j'ai voulu chanter comme Sheila.