Le blog de la petite espagnole


Voix nocturnes, d'Amélie de Lima

Cathy ? Oui, c’était mon ex-femme, enfin, légalement on est encore mariés...

Pourquoi je n’ai pas divorcé ? Je ne sais pas. Peut-être parce que j’avais peur de la revoir, elle et Laurent...

Oui, Laurent, mon fils.

Oui, je l’ai abandonné, je le reconnais. Ça fait 17 ans, oui... mais vous savez, j’ai toujours pensé qu’il serait bien avec sa mère, qu’il ne manquerait de rien.

Cathy ? Oui, naïve, c’est le terme.

 

Amélie de Lima, c’est la jolie fille d’Amazon. Elle est aussi lumineuse que son univers est noir. Elle a toujours un mot gentil pour vous et une plume assassine pour ses personnages. Mais si ça ne tenait qu’à elle, on peut supposer qu’il ne leur arriverait rien.

Amélie de Lima a inventé le thriller de fille –celui qui se passe à la maison (ici les HLM de Roubaix et les rues de Lille) avec forcément un salon de coiffure, et qui ne craint pas les grands sentiments ni les ficelles du genre, si grossières soient-elles.

Que les esprits supérieurs se taisent : une fille, c’est une fille.

 

Cette nouvelle polyphonique commence dans le silence d’une nuit paisible et l’on se méfie, évidemment. Effectivement, passées les premières lignes il y a deux morts et du sang partout : bienvenue dans l’univers torturé de Voix nocturnes. La narratrice va vous présenter Cathy Roche, la cinquantaine tranquille, hôtesse d’accueil au Palais des Beaux-Arts, coquette et employée modèle. Mais vous êtes prévenu, « il y a des jours où »...

Il y a des jours où le Diable vous guette. Ici, il s’appelle la Dame blanche, alias la poudre blanche. Et que faire contre le Diable, quand vous êtes une mère aimante et que la victime est votre fils ?

Vous en remettre à une romancière blonde qui vous fera toucher le fond.

 

Elle vous laissera seule avec votre enfant fou, vous coincera dans un appartement de 60 mètres carrés au milieu des cafards, dans une existence tristement routinière. Et vous vous débattrez car vous êtes du genre qui ne baisse pas les bras, mais la romancière insistera.

Il paraît qu’il faut se méfier des blondes.

 

Parce que voilà : la vie tranquille se fissure, l’appartement devient cage et les flash-back en rajoutent.  Il y a des cadavres dans les rideaux en plastique de la piscine, le visage de Cathy porte en lui de nouveaux stigmates, le téléphone de Radio Espoir (il fallait oser) retentit de confessions alarmantes, le monde s’assombrit et vacille... « le Diable ne dort jamais », vous savez.